Gabon : Les communautés de Masaha se mobilisent pour la reconnaissance légale de leur forêt protégée

Les populations de Masaha, localité située dans la province de l’Ivindo (Nord-Est du Gabon), accentuent leur plaidoyer pour obtenir la reconnaissance et la protection officielle de leur patrimoine forestier. Cette revendication a constitué le point d’orgue d’un atelier consacré aux Autres Mesures de Conservation Efficaces par Zone (AMCEZ), organisé les 10 et 11 septembre 2026 par l’Agence Nationale des Parcs Nationaux (ANPN), réunissant acteurs publics, partenaires techniques et représentants communautaires.

Le modèle de la conservation communautaire

Le site pilote de l’Aire Protégée Communautaire (APC) de Masaha sert de laboratoire à cette nouvelle approche de gestion participative. Selon Omer Ntougou Ndoutoume, Secrétaire exécutif de l’ANPN, l’initiative répond à un changement de paradigme : la conservation de la biodiversité ne peut plus être le seul fait des décrets étatiques.

Engagé depuis 2002 dans une politique environnementale forte, le Gabon cherche désormais à diversifier ses mécanismes de protection pour atteindre l’objectif international des 30 % de terres protégées. Les promoteurs du projet rappellent que les communautés locales appliquent déjà des règles coutumières de gestion (forêts sacrées, quotas de chasse, fermetures saisonnières de la pêche). L’enjeu majeur est de légitimer ces savoir-faire ancestraux au sein du cadre national.

Intégration transfrontalière et vide juridique

Le projet de Masaha s’inscrit plus largement dans l’espace TRIDOM (Dja-Odzala-Minkébé), un paysage forestier transfrontalier partagé entre le Gabon, le Congo et le Cameroun. Dans la partie septentrionale du Gabon, cette zone englobe Makokou, Oyem, ainsi que les parcs nationaux de Minkébé, Mwagna et de l’Ivindo, des territoires où cohabitent activités humaines et biodiversité.

Cependant, le déploiement de ces initiatives se heurte à un obstacle légal. Saturnin Edzoudzoume, président du conseil départemental de l’Ivindo, a souligné que les Aires Protégées Communautaires (APC) ne bénéficient pas encore d’un statut juridique clair en droit gabonais. Les conclusions de cet atelier technique feront l’objet d’un plaidoyer formel adressé au gouvernement afin de doter ces espaces d’un cadre législatif officiel.

Pour les riverains de l’Ivindo, cette démarche vise à formaliser un équilibre durable entre la préservation de la faune, le respect des traditions locales et le développement économique des communautés.

 

 

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