Les membres du PFBC se sont réunis du 10 au 11 à Libreville, Gabon, dans le cadre de la conférence sous-régionale sur la criminalité environnementale et le conflit homme-faune.Une rencontre à l’issue de laquelle, ils se sont engagés à renforcer leur mobilisation pour endiguer les phénomènes.
Ils ont recommandé aux différents acteurs concernés :
sur la lutte contre la criminalité environnementale
Élaborer et adopter une vision stratégique commune, portée politiquement, contre la criminalité environnementale, reconnaissant le rôle crucial des réseaux du crime organisé transnational.
Appeler à un audit des dispositifs nationaux, régionaux et internationaux dans la lutte contre la criminalité environnementale dans le bassin du Congo, dans l’optique de renforcer l’efficacité des mécanismes adoptés.
Harmoniser, à l’échelle de la sous-région Afrique Centrale, le cadre légal et réglementaire qui soit répressif et adapté aux menaces.
S’inspirer et développer des stratégies et instruments utilisés dans la lutte contre le crime organisé transnational, y compris la lutte contre le blanchiment d’argent.
Créer des cadres favorables inclusifs et participatifs qui permettent l’inclusion des contributions de la société civile, du secteur privé et des peuples autochtones et communautés locales dans la lutte contre la criminalité environnementale.
S’assurer d’une exigence de protection des défenseurs de l’environnement et des lanceurs d’alerte.
Renforcer, à toutes les échelles d’action, les cadres et mécanismes de coopération pour les autorités d’application des lois, en particulier dans le partage d’informations afin d’anticiper les menaces.
Élaborer, avec l’appui des partenaires techniques et financiers, une stratégie de communication intégrée sur la criminalité environnementale.
Renforcer, dans le cadre d’une mise en œuvre conjointe et de coopération entre États, organisations régionales et Partenaires Techniques et Financiers, les cadres institutionnels et juridiques des observatoires indépendants des ressources naturelles.
Intégrer la lutte contre le commerce illégal d’espèces sauvages dans les SPANB, en lien avec le cadre mondial de Kunming-Montréal.
Soutenir l’élaboration d’un protocole mondial sur la criminalité environnementale dans le cadre de la Convention des Nations unies contre la criminalité transnationale organisée (UNTOC).
Adapter la réponse au niveau de menace en ayant recours aux forces de l’ordre et de défense ainsi qu’aux institutions de justice à l’échelle nationale et internationale.
Impliquer activement les acteurs du secteur privé dans les groupes de travail existants et nouveaux ainsi que dans d’autres mécanismes de partage d’informations et de partenariat transfrontaliers.
Intégrer la lutte contre la corruption dans les priorités des politiques environnementales.
sur la gestion du conflit homme-faune
Intégrer les conflits homme-faune dans l’ensemble des politiques sectorielles :
Les CHF doivent être pris en compte au-delà du seul secteur forêt-faune-environnement. Les secteurs directement liés aux causes et aux impacts des différents types de conflits — agriculture, aménagement du territoire, infrastructures, sécurité, santé, finances — doivent également assumer leur part de responsabilité dans la prévention et la gestion des CHF.
Opérationnaliser une gouvernance multisectorielle et multi-acteurs : Créer des plateformes nationales et locales de coordination, avec un réel mandat et des ressources. Cela inclut non seulement les forêts et l’agriculture, mais aussi la recherche, la sécurité civile, le secteur privé et les OSC.
- Mettre en place des systèmes nationaux de suivi-évaluation : Basés sur des données désagrégées, des indicateurs partagés et la reconnaissance du rôle des savoirs locaux, ces systèmes doivent offrir une vue d’ensemble des différents types de CHF et de leurs impacts relatifs. De nombreux outils existent déjà et une mise à l’échelle pourrait se faire sans toujours courir après la nouveauté.
Le mieux est l’ennemi du bien et favorise le statu quo.
Intégrer les conflits homme-faune dans les évaluations environnementales et sociales stratégiques ainsi que dans les études d’impact environnemental et social : Les grands projets d’infrastructures linéaires et les industries extractives doivent inclure des études d’impact du changement climatique dans les mesures préventives (et non réactives) de gestion du CHF, notamment pour les espèces migratoires.
Passer d’une approche par projet à un programme structuré, holistique et intégré de gestion des conflits homme-faune : Basé sur les lignes directrices de l’UICN, un tel programme doit particulièrement impliquer et responsabiliser les communautés locales et les peuples autochtones, en intégrant leurs connaissances traditionnelles de gestion du CHF, et inclure les CHF dans les initiatives de sécurité alimentaire.
Mettre en place des approches d’analyse rapide situationnelle et des programmes de sensibilisation dans tous les paysages du Bassin du Congo et d’autres interventions immédiates pour réduire les risques de destruction des biens et de pertes en vies humaines.
Renforcer les dispositifs coutumiers de prévention et de gestion des conflits homme-faune.
Intégrer la lutte contre le commerce illégal d’espèces sauvages et la prévention et gestion des conflits homme-faune dans les SPANB, en lien avec le cadre mondial de Kunming-Montréal.
En annexe à cette déclaration est jointe l’ensemble des résumés et recommandations détaillées des ateliers thématiques, des journées des acteurs du PFBC et des réunions connexes.
Par ailleurs, en marge de la conférence, se sont tenues les 9 et 11 juillet 2025 les réunions sur le Pacte Global pour les Forêts d’Afrique Centrale dans le cadre des réflexions sur le successeur du Congo Basin Pledge de Glasgow qui arrive à terme à Belém, et la 17ème Réunion du Conseil Directeur du PFBC.
A l’issue de ces réunions, un délai fixé au 30 juillet a été convenu entre les parties pour recevoir des amendements sur l’ensemble des propositions de la co-facilitation franco-gabonaise du PFBC consignées dans le pacte.

